Nous exigeons un débat

Les vallées des Alpes-Maritimes sont sollicitées plus ou moins directement pour que leurs territoires intègrent la communauté urbaine Nice Côte-d’Azur (CUNCA). Dans ces vallées, presque toutes les communes sont déjà regroupées au sein de communautés de communes. Quelques unes ne font partie d’aucun Etablissement Public de Coopération Intercommunale. La démarche en cours est que soit de leur propre initiative soit à la demande de la CUNCA, diverses communautés de communes sont en train de se prononcer pour ou contre leur fusion avec la Communauté urbaine. A l’heure actuelle, la communauté de communes des stations du mercantour, celle de la Vésubie, celle de l’Estéron ainsi que la communauté d’agglomération Riviéra Française se sont prononcées favorablement à cette intégration. Et cela sans aucun débat. Ni avec les populations, ni même avec les conseils municipaux de chaque commune composant les communautés de communes mentionnées.

Pourtant, l’intégration de ces communes dans la Communauté urbaine est lourde de conséquences puisqu’avec un tel passage ce sont plus de 80 % des compétences aujourd’hui exercées par les communes ou communautés de communes qui sont transférées à la CUNCA sans plus aucune possibilité de gérer soi-même lesdites compétences.

Lourde de conséquences également quand on sait que le retrait de la Communauté urbaine est impossible et que celle-ci est créée sans limitation de durée.

Lourde de conséquences quand on sait que toutes les décisions à prendre dans le cadre des compétences transférées (+ de 80%) le sont au sein du conseil communautaire de cette CUNCA. Et qu’au sein de ce conseil, si la ville de Nice dispose de 36 délégués, chaque village de nos vallées n’en aura, pour sa part, qu’un seul !

Lourde de conséquences quand l’on regarde de près les quelques “chantiers” déjà lancés dans le cadre de la CUNCA concernant la ville de Nice notamment et ceux qu’ils récalement en termes d’investissements financiers.

Lourde de conséquences quand on sait que les dotations promises par l’Etat pour cette CUNCA, dès sa première année d’existence, ont été nettement revues à la baisse et que l’on ne voit pas comment elles pourraient augmenter, compte-tenu de la crise actuelle et du fait qu’il faut bien partager ces montants entre toutes les Communautés urbaines en train de s’étendre ou de se créer.

Et compte-tenu de tous ces enjeux nous estimons qu’il n’est pas possible de continuer à avancer de la sorte, à toute vitesse, sans réflexion et sans débat. Nos territoires valent bien mieux que d’être ainsi “bradés” sans discussion, sans réflexion et ce dans le cadre d’un dispositif qui ne leur permettra plus jamais d’en sortir.      

Une communauté urbaine tentaculaire

Le 01 janvier 2009, la communauté d’agglomération Nice-Côte-d’Azur (CANCA) s’est transformée en communauté urbaine Nice Côte d’Azur (CUNCA). Avec 24 communes, cette CUNCA compte un peu plus de 500 000 habitants. Aujourd’hui, cette CUNCA cherche à étendre son périmètre et pour cela n’hésite pas à bousculer le schéma traditionnel de l’intercommunalité basée jusqu’à présent sur les intérêts communs des territoires se regroupant. Il est question d’intégrer les territoires ruraux des vallées des Alpes-MAritimes, presque tous déjà réunis en communautés de communes, qui renonceraient ainsi à leurs intercommunalités pour fusionner avec la grande Communauté urbaine. Mais quelle communauté d’intérêts peuvent bien avoir nos territoires ruraux avec la grande métropole urbaine Nice Côte-d’Azur ?

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